Les effets des rayonnements ionisants à faible dose sur la santé des populations
Les effets des rayonnements ionisants à faible dose sur la santé des populations est un facteur important pour nombre de spécialités en médecine. (médecins du travail, médecins prescrivant des examens irradiants etc …) Qu’ils soient exposés aux rayonnements ionisants à titre professionnel, qu’ils soient enfants (in utero ou non), ou simples citoyens contaminés à faible dose, les risques supposés de cancer semblent admis pour certains, bien qu’à ce jour, la question fasse toujours l’objet de recherches.
Marie-Odile Bernier du laboratoire d’épidémiologie de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), a fait le point lors de la journée AMTSN du 3 juin 2022. Elle nous expose ici les connaissances épidémiologiques actuelles des effets des faibles doses sur des cohortes de survivants de Hiroshima et Nagasaki. Elle nous révèle également les résultats des études de suivi d’enfants irradiés in utero ou dans l’enfance et des travailleurs du nucléaire.
Etude des effets des rayonnements ionisants à faible dose sur les survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki
Le « Life Span Cohort Study” étudie et suit, depuis 1950, des cohortes de survivants des bombardements de Nagasaki et Hiroshima. Ces cohortes ont été créées pour enquêter aussi sur les effets tardifs et transgénérationnels des enfants exposés in utero ou conçus après l’exposition aux rayonnements ionisants. Ce sont environ 120 000 sujets dont environ 3 600 in utero et 77 000 enfants de survivants, qui sont suivis jusqu’à présent.
Ainsi, les dernières études récentes confirment des incidences solides de cancers et de leucémies sur les sujets exposés à faible dose.
Diagnostiques des rayonnements ionisants à faible dose sur les enfants (in utero ou non)
Les études des effets des rayonnements ionisants sur les enfants établissent une association entre exposition au scanner durant l’enfance avec le risque de leucémie et de cancer du cerveau.
Les Coefficients estimés pour la leucémie sont cohérents avec les coefficients dérivés des survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ainsi que des autres études scanner.
Il apparait que le risque attribuable aux effets des rayonnements ionisants, à partir de ces résultats, est faible. Cependant, compte tenu du moindre risque attendu, l’effectif étudié a été limité et il n’existe pas, à l’heure actuelle, de registre national pour le suivi de ces patients à l’âge adulte.
Par conséquent, l’interprétation de ces résultats doit être maniée avec précautions.
Exposition aux rayonnements ionisants des professionnels salariés de l’industrie du nucléaire
Une cohorte «Inwork» du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), comprenant environ 300 000 travailleurs de l’industrie nucléaire (dont 59 000 en France), permet de rechercher les effets des faibles doses dans ce secteur.
Les sujets suivis, en moyenne depuis 27 ans, sont employés depuis au moins 1 an et portent un dosimètre individuel dans le cadre de la surveillance réglementaire de l’exposition externe.
Les résultats observés résultent des relations « dose-risque » pour la mortalité par leucémie et par cancers solides associés à une exposition externe chronique aux rayonnements ionisants.
Retrouvez l’intégralité de la conférence de Marie-Odile Bernier sur les effets des rayonnements ionisants à faible dose et téléchargez le PDF.